Depuis la Grèce antique, l'homme utilise les amas de minerais présents dans la terre pour en extraire les métaux qu'ils contiennent, pour ensuite les raffiner et les convertir en des formes chimiques diverses afin de les utiliser dans de nombreux produits. Le caractère spécifique du zinc est connu depuis le Moyen Age, mais son extraction industrielle et son raffinage n'ont débuté en Europe qu'à la fin du 18ème siècle. Cette activité industrielle a entraîné une production anthropique (c'est-à-dire due à l'homme) de zinc vers l'environnement ainsi qu'une augmentation des concentrations en zinc autour des principaux sites de production et d'utilisation.
Depuis les années 1970, l'attention croissante portée à la protection de l'environnement a toutefois conduit à une réduction progressive des émissions de zinc dans l'air et dans l'eau, et l'industrie du zinc a réussi à diminuer fortement ses émissions au cours des dernières décennies.
Cette tendance se reflète dans les enregistrements des dépôts atmosphériques de zinc dans les neiges du Groenland. Les quantités de zinc déposées à cet endroit sont une indication à la fois du cycle naturel du zinc et des émissions anthropiques de zinc dans l'air en Europe et en Amérique du Nord, et reflètent également la tendance observée en ce qui concerne les émissions de zinc dans l'air dans la totalité de l'hémisphère nord. Les données mesurées au Groenland indiquent un dépôt maximal de zinc dans les années 1960 ainsi qu'une diminution marquée depuis lors (Boutron et al. 1995).
Figure 2 : Modifications de la concentration en zinc dans la glace et dans la neige à Summit, Groenland, de 1770 à aujourd'hui (Boutron et al. 1995)

Figure 3 : Évolution des teneurs en zinc total dans le Rhin au niveau de cinq sites de prélèvement aux Pays-Bas : 1972 - 1990 (d'après Heymen & Vanderweyden, 1991), avec indication de la teneur de fond naturelle (d'après Van Tilborg & Van Assche, 1995)

Cette évolution à la baisse, résultant du contrôle des rejets au niveau des sources ponctuelles 2, est toujours en vigueur aujourd'hui tandis que les concentrations en zinc dans l'air ambiant semblent être revenues à leur niveau pré-industriel (Figure 2).
Les émissions de zinc provenant de sources ponctuelles vers les eaux de surface ont également été réduites de façon significative depuis les années 1970, à la suite des améliorations apportées aux procédés industriels et d'un contrôle plus efficace des émissions, ce qui a permis une réduction généralisée de la concentration en zinc dans les eaux de surface du monde industrialisé, comme l'illustrent les teneurs en zinc mesurées dans le Rhin (Figure 3).
Les émissions volatiles 3 sont actuellement minimisées grâce à l'utilisation de techniques de contrôle des émissions d'une grande efficacité ainsi qu'à l'évolution des procédés dans les sites de production.
Figure 4 : Niveaux de dioxyde de soufre mesurés à Stockholm, Suède, et vitesse de corrosion du zinc dans cette même ville. Les concentrations en SO2 indiquées correspondent à des valeurs moyennes pour la période hivernale. Knotkova et Porter, 1994.

Une réduction des émissions diffuses de zinc - relâchement dans l'environnement suite à l'utilisation de produits contenant du zinc - a également été observée au cours de ces dernières années. Plus notablement, la corrosion des surfaces de zinc exposées a diminué de façon marquée au cours des vingt dernières années, conséquence directe de la diminution de l'acidité de l'air dans le monde industrialisé, elle-même résultant d'un contrôle plus strict des émissions de dioxyde de soufre (Figure 4).
2 Les émissions contrôlées ou ponctuelles proviennent de sources stationnaires et peuvent être facilement réduites à l'aide de systèmes traditionnels de dépollution tels que des électrofiltres ou des filtres à manche (OSPARCOM 1996).
3 Les émissions volatiles proviennent de sources telles que des stocks de réserve extérieurs, des opérations de manutention ou de transfert, des véhicules, des fuites de bâtiments ou de toitures, des opérations de maintenance ou des incidents survenant dans des usines (OSPARCOM 1996). |