Une quantité importante du zinc présent dans les eaux de surface se retrouve finalement dans les sédiments des rivières, des estuaires et des zones côtières où elle se lie à des matériaux inorganiques et organiques, réduisant ainsi sa biodisponibilité.
Il existe une différence entre la concentration en zinc total et la concentration en zinc dissous dans l'eau. Il n'existe, en revanche, aucune relation entre la concentration en zinc total et la dose de zinc absorbée par les organismes vivants.
Seule la concentration biodisponible en zinc a une signification écologique. On évalue généralement cette fraction biodisponible en filtrant un échantillon d'eau au travers d'un filtre de 0,45 µm. Toutefois, de nombreux autres facteurs comme la température, la dureté de l'eau, le pH et la teneur en carbone organique dissous déterminent en fait la biodisponibilité du zinc dans l'eau.
Figure 5 : Évolution de la concentration moyenne en zinc dans les sédiments du port de Rotterdam (d'après Malle 1992).

En général, le zinc lié à des matières organiques en suspension va se déposer et pour cette raison, les couches supérieures de sédiments reflètent généralement les concentrations en zinc dans l'eau sous-jacente. Les couches sédimentaires formées dans les rivières au cours des dernières années présentent des concentrations décroissantes en zinc, comme l'illustre la Figure 5.
Les particules de zinc en suspension dans l'atmosphère se déposent sur le sol et sur les eaux de surface. Dans le sol, le zinc s'associe aux argiles, aux matériaux organiques, etc., en fonction des propriétés physico-chimiques du sol concerné, comme le pH ou la teneur en matières organiques. Ces différents facteurs déterminent la solubilité du zinc contenu dans le sol et par conséquent sa biodisponibilité pour les organismes vivants. Des variations du pH du sol, par exemple, entraînent des modifications importantes de la biodisponibilité du zinc dans le sol. Les sols et les sédiments constituent des éléments de l'environnement plus statiques que l'air et les eaux de surface.
À proximité de certains anciens sites industriels, les teneurs en zinc dans le sol, généralement en combinaison avec d'autres métaux, peuvent être plus élevées en conséquence d'importantes émissions survenues par le passé (contamination historique). De tels sites requièrent une attention spécifique ainsi qu'une gestion appropriée des risques afin de limiter l'exposition de l'écosystème local et d'éviter la contamination des zones avoisinantes. Des résultats prometteurs ont été obtenus récemment avec des composés présentant la propriété d'immobiliser les métaux et qui, lorsqu'ils sont utilisés comme amendement dans les sols contaminés, fixent le zinc ainsi que les autres métaux présents dans le sol, diminuant ainsi leur disponibilité pour les organismes vivants (Van Gronsveld et al. 1994). |